Après avoir pris mon pied à l’écoute du premier album de Born Ruffians (« Red, Yellow & Blue »), paru en 2007, et savouré quelques Eps de toute bonne facture, j’attendais leur nouvel opus impatiemment. Fondé en 2004, dans la petite bourgade de Midlands (Ontario), ce trio (NDR : le chanteur/guitariste Luke LaLonde, le bassiste Mitch Derosier et le drummer Steven Hamelin) canadien est responsable d’une musique, ma foi, fort originale. A cause, bien sûr, du timbre nasillard et aventureux du leader. Et puis de cette rythmique épileptique et minimale, si caractéristique. Des titres remarquables, inspirés à la fois par les Pixies et les Talking Heads, comme « This Sentence Will Ruin/Save Your Life » ou « Hummingbird » en sont les plus belles illustrations.
« Say It » ne pouvait donc que confirmer. Avouons-le d’emblée, la première écoute de cet elpee m’a quelque peu déçu. Même si ce sentiment de dépit a été rapidement tempéré par la mise en forme de Rusty Santos (Animal Collective, Owen Pallett), qui est parvenu à préserver l’identité de leur musique. Et en particulier cette faculté naturelle à concilier concision et aridité. Pourtant si « Say It » semble plus cohérent, il est également moins immédiat. Et malgré les épatantes interventions vocales de Luke LaLonde, certaines compos finissent quand même par susciter l’ennui. Faut croire que depuis la sortie de « Red, Yellow & Blue », le combo souffre d’une carence d’inspiration. Maintenant, ne soyons pas trop intégristes, car dans leur style, Born Ruffians reste encore largement au-dessus de la mêlée. Et dynamisés par une rythmique fulgurante, des accès de basse vivifiants ainsi que des percus souples, les remuants « Higher & Higher », « Retard Canard » ou « Sole Brother » en sont la parfaite démonstration….

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