Dans l'obscurité d'une nuit qui s'achève, un coin de rideau s'agite sous l'effet d'une brise électrique. Dans la lumière d'un néon rouge, quelques notes s'échappent d'un pick-up. Une chanson d'amour paranoïaque glisse et ondule langoureusement (« In the dark »). Sur le sol, traînent quelques vinyles. Pêle-mêle: un Sonic Youth, un Atomic Pocket Knife, un Smashing Pumpkins des débuts, un Delicatessen, un vieux Breeders. Au mur, un portrait de Jay Mascis veille au maintien de l'ordre établi (« Giving it all away »). Les murs suintent de larsens. Au dehors, l'orage gronde, quelques éclairs déchirent l'espace sonique (« Quiet kid », « Mob scene », « Sugar »). Quelques gouttes de pluie s'écrasent paresseusement sur les lames d'un parquet usé. Puis l'atmosphère se fait plus sombre et oppressante et la nuit se termine dans la poussière amère de « Shoked to realize »
Vous l'aurez deviné, chez Dead Confederate, on opère un retour aux sources 90's. Bénéficiant du concours de John Agnello derrière les manettes (ça force le respect quand on sait que le lascar a travaillé avec pas mal de beau monde), le club des cinq d'Athens (Géorgie) délivre un digne successeur à son « Wreking ball », daté de 2008, dont il s'éloigne intelligemment.
Ramenées à un cadre plus évident (aucune chanson ne dépasse les cinq minutes), les compositions gagnent en évidence et en accessibilité. Composé par les deux têtes pensantes du combo, respectivement Hardy Morris (voix) et Brantley Senn (bass), l'album est le reflet de l’homogénéité du groupe, autour d'une musique empreinte d'une forte identité. Du bien bel ouvrage ma foi.
Quant à votre serviteur, comme le jour se lève, je me ressers une tasse de café, mon esprit s'évanouissant dans les volutes de ce nectar sucré.

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