Depuis ses « Premiers Symptômes », Air s’est toujours rapproché des étoiles, côtoyant la voûte céleste, observant le monde et ses cultures, apaisant les douleurs à grands renforts de mélopées nostalgiques. Trois années se sont écoulées depuis la sortie de « Talkie Walkie ». Pourtant, le savoir-faire de Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel planait toujours dans l’atmosphère. Entre un album surmédiatisé pour la belle Charlotte Gainsbourg et un disque solo, sombre et distingué, pour Dunckel ‘le Darkel’, la paire versaillaise ne s’est jamais véritablement envolée : point de pause pour ces forçats du studio.
Les yeux entrouverts, évitant la lumière du jour tels des vampires assoiffés de nouvelles trouvailles technologiques, Air signe son retour par la grâce d’une longue léthargie intitulée « Pocket Symphony ». Pour l’occasion, le groupe ouvre portes et fenêtres sur son univers. Jarvis Cocker (sur « One Hell of a Party ») et Neil Hannon (sur « Somewhere Between Waking and Sleeping »), tous deux présents sur le « 5 :55 » de Charlotte Gainsbourg, en profitent pour y pénétrer à pas feutrés. De même que le batteur Tony Allen (Fela, The Good, The Bad & The Queen) et Joey Waronker (Beck, Spain, Idaho). Dans cette symphonie de poche, le timbre androgyne de Jean-Benoît Dunckel se pose, en suspens, sur une nébuleuse synthétique de premier ordre. Si la production de ce sixième album est irréprochable, son impact sur les mémoires est misérable, frêle, grelottant. Quelques sonorités raffinées s’approchent de nos tympans, s’y glissent lentement, avant de s’évanouir lourdement. Comme le vent retombe après l’orage. A l’avenir, pour éviter toute mauvaise surprise, on conseillera au duo de fermer ses fenêtres et d’éviter ce genre de courants d’Air.

Nederlands
Français 
