A la première écoute, les rythmes bien soutenus et quelques phrases délirantes accrochent. La marque de fabrique du groupe est bien là, jamais caricaturale mais toujours ‘mitsoukiste’. Et puis, progressivement, les chansons apparaissent et confirment tout le talent de Catherine Ringer et Fred Chichin. Leurs textes bizarroïdes et leurs rythmes déjantés ne sont pas des improvisations mais du travail minutieux. On a même envie de parler d'artisanat malgré ces innombrables artifices électroniques, dont le groupe est très friant. Les ambiances musicales collent vraiment aux propos. Car, oui, il y a de vrais textes chez Rita Mitsouko et pas seulement des bouts de phrases plus ou moins drôles. Les sonorités seront arabisantes sur "Femmes du moyen âge", le violon sera tzigane pour "C'est un homme", le récit poignant du rêve parisien d'un homme (apparemment le père de Ringer mais on n'a pas eu l'occasion de lui demander si c'était vraiment autobiographique) ballotté de camp de concentration en camp de concentration par les Nazis. Bon maintenant, n'allez pas croire que les Mitsouko ont oublié d'être drôles : eux seuls peuvent chanter les touristes qui, le nez en l'air, marchent dans les crottes de chien, sans sombrer dans le ridicule. Pour le plaisir, on soulignera encore un "Pense à ta carrière" où les managers, assistants et autres conseillers qui gravitent autour des artistes en prennent pour leur grade. Un défoulement indispensable pour les deux compères à qui on a dû souvent conseiller gentiment de refaire "Marcia Baila". Ils ont toujours résisté et, rien que pour cela, ils méritent notre respect. Et comme en plus, ils sortent encore d'excellents disques...

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