Dernier témoignage chronologique de son passage sur terre, le dernier disque du grand chanteur cubain exauce un des plus vieux rêves d’Ibrahim Ferrer : enregistrer un album entier de boléros. Ce style cubain dédié aux affres de l’amour possède un charme suranné parfaitement rendu sur cette œuvre. Même si on n’évite pas toujours les excès (certains passages sont vraiment dégoulinants), « Mi sueño » entretient une magie qui s’affirme au fil des écoutes. Tout d’abord le petit groupe accompagnant Ibrahim joue avec un feeling incroyable, à la limite du jazz : Roberto Fonseca au piano, Cachaito Lopez à la contrebasse et Manuel Galban à la guitare électrique volent un peu la vedette au défunt Ferrer. Malgré quelques fatigues vocales, ce dernier ne se défend pas trop mal non plus, se jetant à corps perdu dans ces bluettes (« Perfidia », « Quizas, quizas » en compagnie d’Omara Portuondo) qui révèlent son cœur d’artichaut. L’ensemble de cordes ajouté ça et là apporte une dimension particulière aux morceaux. Suffit d’écouter la formidable intro de « Quiéreme Mucho » pour en être convaincu…
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