Il est loin le temps du nihilisme punk (NDR: serait-ce un pléonasme?) prôné par Manic Street Preachers. Si leur engagement politique est toujours d’actualité, il s’est quand même fortement tempéré ; et puis il épouse des causes bien plus constructives. Il est loin le temps de la virulence punk libérée par leur musique. C’était fin des 80’s, début des 90’s. Il est loin le temps de l’attitude rebelle revendiquée par cet ensemble gallois. Elle va même complètement disparaître en 1995, en même temps que leur parolier, Richey James, dont on ne retrouvera jamais la trace. Et pourtant, réduite à un trio, la formation continue d’enregistrer. Des disques, pour la plupart, sculptés dans la pop. « Postcards from a young man » constitue leur dixième opus. Une œuvre qui a de nouveau reçu le concours de Dave Eringa, à ma mise en forme. Et il y a mis un camion de cordes. Surtout en début de parcours. Sympa, mais pas vraiment de quoi soulever l’enthousiasme. Certains titres ainsi arrangés me font même parfois penser à Divine Comedy (pour les meilleurs, mais sans l’aspect baroque), Elton John (« Hazleton avenue ») voire même Neil Diamond. Ni de quoi pavoiser. Et encore moins lors d’un « Golden platitudes », dont le final évoque un certain Wallace Collection circa « Daydream ». On a aussi droit à du hard FM. Sur l’hymnique « All we make is entertainement », que sauve d’excellent lyrics ou le radiophonique « A billion balconies facing the sun », qui bénéficie de la participation de l’ex-Gun’s N Roses, Duff Mc Kagan, à la basse. Lors des sessions d’enregistrement, le trio a également reçu le concours de Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen) sur « Some kind of nothingness », un titre enrichi de chœurs gospel (NDR : des chœurs qui apportent à plusieurs compos, manifestement, un plus) et puis John Cale, qui se réserve les claviers sur l’excellent « Auto-intoxication », une plage caractérisée par ses changements de tempo entre refrains et couplets, ses accords de gratte acérés et cette rythmique implacable. L’ombre de Lenny Kravitz plane également sur ce morceau. Le long playing recèle deux autres titres de toute bonne facture. Tout d’abord « The descent (pages 1 & 2) », dont la jolie mélodie est à la fois digne de John Lennon et de Ray Davies ; et puis un très curieux « The future has been here 4ever ». Nicky Wire chante (NDR oui, oui !) d’un timbre laconique, un peu à la manière de Dean Warheham (Luna) pendant que Sean Moore hante le morceau de ses interventions énigmatiques à la trompette. Dommage cette moitié de cd, totalement anecdotique…
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