Vic Chesnutt ne sera probablement jamais célèbre, mais ses chansons ont au moins le mérite de toucher les vérités qui se cachent au plus profond de nous même. " Silver lake " constitue déjà son 11ème album. Un disque qui a bénéficié du concours de Mark Howard (NDR : le protégé de Daniel Lanois) et de Lucinda Williams, à la production. C'est d'ailleurs ici que le bât blesse, car a contrario de ses opus précédents, les arrangements et les orchestrations ont tendance à envahir l'espace sonore. Une impression accentuée par la profusion d'instruments impliqués dans la solution sonore. Et c'est tout particulièrement le cas sur " Zippy Morocco " et " Wren's nest ", deux chansons qui expurgées de leurs fioritures, auraient pu atteindre une autre dimension. Un peu comme sur son formidable elpee, " The saleman and Bernadette ". Ce qui ne veut pas dire que le reste de l'œuvre souffre du même syndrome avec la même intensité. Mais il faut reconnaître que ce sont ses chansons les plus épurées qui ont le meilleur impact. Et je pense tout particulièrement au tentaculaire et confessionnel " I'm through ". A la ballade dylanesque " Styrofoam " ; ou encore au romantique " In my way, yes ", dont les harmonies vocales sont aussi soignées que chez Crosby Stills & Nash. L'électricité n'a cependant pas été négligée. Heureusement, elle est dispensée à bon escient. A l'instar des crazyhorsiens " 2nd floor " (NDR : une composition inspirée d'un poème chinois du 5ème siècle) et du contagieux " Stay inside ". L'opus recèle, cependant, encore quelques bonnes surprises. A l'instar de l'hommage à Brian Wilson " Fa-la-la ", un fragment qui non content d'emprunter l'intro du " Boys don't cry " de Cure, épingle une rickenbacker à 12 cordes. Du filmique " Sultan, so mighty ", au cours duquel Vic emprunte un timbre falsetto pour raconter l'histoire d'un eunuque. Piano électrique, cuivres, tempo lent et chœurs féminins limpides nous replongent au sein d'un univers fort proche de Robert Wyatt. Ou encore de " Band camp ", qui confirme que Chesnutt mérite bien le titre de Bob Dylan des temps modernes. D'autant plus que les lyrics sont toujours aussi brillants. Vic s'inspire aussi bien de musiciens, d'écrivains que de romanciers pour narrer des contes peuplés d'hommes et de femmes qui souffrent ; des êtres humains trop souvent blessés, tristes, ignorés ou abandonnés à leur triste sort. Des textes quelque part autobiographiques, lorsqu'on sait qu'il est paraplégique depuis qu'il a été victime d'un accident de la circulation. Mais il a le bon goût de laisser une grande place à l'espoir ; et puis s'exprime, le plus souvent avec une bonne dose d'humour. Le monde du rock et de la pop a besoin de lui pour chercher la vérité, la grâce et la farce qui régissent notre monde…
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