A travers Satomi Matsuzaki, sa chanteuse d’origine japonaise, les Californiens de Deerhoof ont toujours été en quelque sorte les grands frères détraqués de Blonde Redhead. Le trio concocte depuis des années une musique bizarre, intransigeante et inclassable qui, si elle s’est adoucie au fil du temps, ne caresse pas les oreilles tout en demeurant extrêmement originale. « Deerhoof Vs. Evil » constitue leur 10ème album publié depuis leurs débuts, en 1996. Et le combo vient de frapper un nouveau coup sonique et unique à la fois. Entre les élucubrations bruitistes, le rythme lent et étrange de « The Merry Barracks », la guitare hispanisante du superbe « No One Asked to Dance », les deux minutes rock n’ roll loufoque de « Dance the Jet » ou le plus exotique « Hey I Can », pas la peine de chercher la moindre ligne conductrice tout au long de leurs 12 nouveaux titres. A mi-parcours, on croit même rêver, Deerhoof aurait composé son premier véritable single, « Super Duper Rescue Heads !», un morceau qui pourrait passer sur les ondes les plus mainstream ! Mais, très vite, pour notre plus grand bonheur, les effets de pédale refont surface. Donc les accords de guitare dissonants. Mais aussi le falsetto bizarre de Satomi. Deer… ouf (ahah…)! Les Américains sauvent la face… même s’ils marchent sur les plates bandes de Yeasayer, pour la circonstance.
Difficile de tomber amoureux de la musique de Deerhoof dès la première écoute mais votre –très relatif– courage nécessaire sera mille fois récompensé ! En concert le 26 avril à De Kreun à Courtrai.

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