Dreamend c’est le projet de Ryan Graverface, le guitariste/bassiste de la formation électro-psyché expérimentale Black Moth Super Rainbow. Mais ce projet, il le veut beaucoup plus organique, privilégiant par exemple, sur ce dernier opus, le banjo, le xylophone, les grattes acoustiques (parfois électriques), le piano et l’orgue. Sans oublier ses vocaux qu’il dispense en falsetto, un peu à la manière de Danielson. Quant aux interventions électroniques (NDR : pour la plupart des arrangements), il les intègre aussi judicieusement que parcimonieusement.
« So I ate myself, bite by bite » est un concept album qui raconte l’histoire d’un meurtre perpétré par un tueur en série. Et les 12 morceaux forment le puzzle de ce récit, nous plongeant dans des atmosphères différentes, toutes en nuances. Sur chaque compo, il traite presque systématiquement un de ses instruments en boucle, un processus auquel il a même recours pour la voix, sur « A thought », une plage au cours de laquelle il répète sous des profils mélodiques différents, la phrase ‘I cannot stop in the middle’. Tout au long de ce disque, Ryan brouille les lignes entre la beauté et le macabre. On passe ainsi allègrement de l’insouciance au drame. Et tous ces sentiments, il parvient à nous les communiquer à travers sa musique. De cette œuvre, on ne peut cependant pas passer sous silence le final de plus de 10 minutes, « An admission », un morceau de noise (shoegazing ?), structuré en crescendo, en couches, une piste qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre le Floyd période « A Saucerful of Secrets » (NDR : pensez à « Set the control for the heart of the sun ») et 16 Horsepower. Impressionnant ! “So I ate myself, bite by bite” est paru en 2010 et le prochain album, “And the Tears Washed Me, Wave After Cowardly Wave” est déjà annoncé.

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