Nonobstant son statut, le chanteur de Depeche Mode n'avait toujours pas signé la moindre chanson. Et s'il en avait écrit, elles n'avaient jamais été éditées. Vingt-deux années après la naissance du groupe, il vient de commettre son premier opus solo. Il y partage la composition avec l'ex guitariste de Psychedelic Furs, Knox Chandler, et a reçu le concours de Ken Thomas (Sigur Ros), à la production. Avouons-le, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ! En fait, pour Dave, cet opus est une thérapie. Une œuvre autobiographique, au cours de laquelle il confesse, en chansons, le parcours douloureux de son existence. Depuis ses dérapages héroïnomanes au bonheur retrouvé avec sa femme et ses enfants, en passant par son mal être de pop star adulée et ses pulsions suicidaires. Il y manifeste sa soif nouvelle de vivre et d'aimer. Hormis " Hold on " " Stay " et " A little piece ", trois fragments plus ternes, le reste de l'opus renoue avec la profondeur et la sensibilité d'un " Violator ". Parfois l'électricité jaillit. Comme sur le contagieux " Dirty sticky floors " ou encore le tourmenté et davantage expérimental " Goodbye ", réminiscence de " Construction time again ". Mais il atteint le sommet de son art, sur les fragments raffinés par les arrangements de cordes. Des arrangements de cordes qui envahissent progressivement le blues lugubre " Black and blue again " et deviennent franchement somptueux (Divine Comedy ?) sur " Bitter apple ". L'électro pop n'a bien sûr pas été négligée. Et je pense tout particulièrement à " Bottle living ", une plage écorchée par un harmonica bluesy, ainsi qu'au feutré " I need you ". Enfin, toujours aussi excellent, " Security " véhicule des accents cold, hérités en ligne droite de Joy Division. Un chouette album dont le feeling à fleur de peau contraste avec le décevant (NDR : je persiste et signe) et beaucoup trop technologique " Exciter ".
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