L'an dernier, « What about things like bullet » avait été envoyé sur la toile comme balise de reconnaissance aux confins de notre conscience et j'avais déjà pu vous dire tout le bien que je pensais de cette jeune femme aux identités multiples. Dans une veine électro sombre, cette Caucasienne nous offre un album d'une majestueuse prestance. Par un jeu subtil tout en nuances, le spectre musical de cette artiste se définit graduellement et dessine les contours opaques d'un monde claustrophobe.
Si l'univers ainsi caressé appartient définitivement au monde digital, cette somme d'algorithmes apporte définitivement la réponse par l'affirmative à ces sceptiques qui douteraient encore que l'on puisse trouver trace d'émotions dans ce type de musique.
Faussement bancale et en équilibre incertain, entre murmure et désespoir modulé, la voix de Natalie Beridze se conjugue aux sonorités en apesanteur et se fond dans cette enveloppe de douceur étrange et quelque peu inquiétante. Teinté d'un nihilisme proche du scepticisme (« Nothing ever changes... just rearranges », « Future will (never come) ») et profondément taché de l'encre sale du désespoir, cet album se distingue par une homogénéité opaque d'où jaillissent des éclairs de lune d'une grande beauté.
Oppressante et troublante, la musique de cette artiste que l'on pourrait rapprocher de Trent Reznor (sa reprise du « Hurt » de NIN) offre peu d'espoir de rédemption.
Certes pas un album festif, mais vivement recommandé.

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