" In absentia " constitue le premier album distribué par une grosse boîte (Atlantic) pour Porcupine Tree. Et heureusement, il est sans concession. Digne et brillant successeur de 'Lightbulb Sun', cet opus propose les mêmes arguments : mariages saugrenus mais féconds, transitions improbables mais tout aussi imparables, digressions dépaysantes ou ludiques, audaces volontiers espiègles, enthousiasme pop rafraîchissant mais décalé et ambiances aériennes, féeriques et curatives. Jusqu'ici, il n'y eut guère que XTC pour se montrer aussi original et aventureux sans renier l'héritage pop des Beatles. Mais là où XTC pond de 'l 'intéressant' à tour de bras, Porcupine Tree a cette capacité jamais prise en défaut pour créer des morceaux, certes riches et inventifs, mais aussi et surtout beaux et immédiats. La voix de Steve Wilson, fragile et vaporeuse, ainsi que les développements expérimentaux, nous emmènent souvent dans cet univers ouaté et planant, orphelin du grand Floyd. La guitare sèche, très présente, dessine parfois des paysages très bucoliques. Les guitares grasses plus métal et la rythmique aux accents souvent jazz-rock offrent des séquences d'une énergie savoureuse et ébouriffante. Et les harmonies vocales trahissent leur héritage Beatles/Beach Boys. Quoique 'Lips of Ashes', nous bal(l)ade plutôt du côté des étendues chères à Crosby, Stills, Nash and Young. Pourtant, Porcupine Tree est loin de générer la nostalgie, tant son propos est personnel et résolument moderne. La production (en progrès) et l'abondance de trouvailles sonores sont autant de sceaux qui valident le passeport du groupe pour le XXIe siècle, qu'on leur souhaite fructueux. Les fans de prog typé devront se faire une raison : les longs et lents développements dont le groupe nous gratifia jadis sont ici à nouveau absents. Mais cet opus est un vrai bonheur ! Porcupine Tree est devenu l'ambassadeur du prog sous sa facette la plus pop. Et cette métamorphose a été possible, parce que le groupe possède un talent immense…

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