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Last of the country Gentlemen

Écrit par - Akim Serar -

Cet album s'adresse essentiellement à ceux qui se retrouvent abandonné aux portes de leur propre enfer. Une œuvre d'une densité incroyable, pourtant épuré et lumineux, mais de cette lumière céleste qui enveloppe le chagrin des hommes.

Plus qu'un album, c'est une confession.

Il regorge de connotations bibliques, et c'est peut-être le seul point commun avec The Lift To Experience, groupe au travers duquel on avait pu découvrir cet artiste d'exception.

Alors que le groupe texan jouissait chaque jour d'une notoriété grandissante, l'ascenseur s'était arrêté avant le septième ciel.

Brisé dans son élan par une série de coups du sort, anéanti par la disparition tragique de l'épouse du bassiste, LTE ne connaîtra jamais le succès qui lui tendait les bras.

De ce succès dont manifestement, ils ne voulaient de toute façon pas.

Josh, le fils de pasteur, le leader à la voix hantée par la grâce des anges s'en est alors retourné dans son Texas natal. S'y est enfermé sous la coupole du ciel lourd et infini, a rangé sa guitare et s'est mis à se taper des boulots de misère.

Puis le Texas l'a étouffé, et il a plié bagage.

Direction Berlin dans un premier temps. Direction: une nouvelle vie.

Peu à peu, le démon l'a repris.

Traînant son chagrin et sa solitude maladive comme un vieux canasson.

Il a repris la guitare, mais a changé d'optique.

Les chansons de Pearson sont devenues de vraies chansons, composées sur une gratte acoustique à l'accordage standard. Pour être au plus près de son âme.

Dix années s'étaient écoulées depuis la fin du groupe, et l'homme avait troqué ses rouflaquettes imposantes et son éternel Stetson vissé sur la tête contre une barbe épaisse et broussailleuse.

Un mariage et une séparation plus loin, quelques errances entre son Texas et Paris où il demeure à présent, il publie « Last of the Country Gentlemen ».

C'est un album d'une beauté stupéfiante. Un album hanté par le fantôme d'une femme. Et la quête du pardon d'une autre.

En près de soixante minutes, il dresse la Passion d'un Christ qui brûle au fond de son âme.

Six titres, dont quatre excèdent les dix minutes. Car il y a matière à dire après toutes ces années de silence.

La légende dit que plus de deux cents chansons ont été écrites depuis qu'il s'est remis à composer, mais que l'ermite préférait les garder pour lui.

Enfin voici gravées quelques épines de sa monstrueuse couronne.

« Thou Art Loosed » débute comme une supplique, comme un Adieu. ‘I'm Off to save the world. At least I can hope’. Un espoir vibrant, vacillant, au bout d'une nuit d'encre.

« Sweetheart I ain't your christ » s'étire lentement dans la douleur. La voix d'ange de Joshua se fait alors poignante, et l'on devine dans chaque intonation et chaque flexion de celle-ci toute la douleur contenue au fil des ans. Tremblante, brisée et d'une émouvante véracité.

« Woman, when I've raised hell » est une prière sincère, la prière d'un homme ne demandant rien de plus que de pouvoir trouver un semblant de paix au milieu de ses tourments. Le violon de cette mauvaise graine de Warren Ellis (un autre barbu de génie) emmène la chanson vers des cieux où mille tempêtes grondent en leur sein, mais c'est dans la poussière que s'éteint cette longue complainte agonisante.

« Honeymoon's great! Wish you were her » est un aveu stupéfiant. Les paroles sont un sang impur qui coule dans un calice. Quelle terrible confession que de s'avouer en pleine lune de miel qu'on aime une autre et qu’à travers les traits de celle qu'on épouse, c'est le visage d'une autre qu'on devinera éternellement. On imagine difficilement l'impact d'une telle rédemption.

Ne peut s'ensuivre qu'un sentiment de culpabilité, mis en lumière par « Sorry with a song », ode au pardon qui ne peut être accordé, pas même à la première personne. Dans une génuflexion de la voix, les mots confessent l'impuissance et le regret des choses qui ne peuvent hélas être autrement.

En long, en large, douloureusement, cet état des choses, ce constat amer étend son ombre sur cet album confondant de vérité, et d'humanité.

« Country Dumb » n'est autre qu'un hommage aux cow-boys perdus dans le désert aride des désillusions. Aux sombres héros de l'amer comme disait l'un de ses troubadours martyrs. ‘We are failures each and every one’. Le poids des mots pèse sur cette chanson aux envolées scintillantes, comme la poussière d'étoiles tombées prématurément du ciel.

Enfin, comme le Christ expirant sur la croix, J T Pearson s'exclame « Drive her out », dernière supplique, vaine supplique, magnifique supplique. ‘God Damn, it's drivin'me blind’ souffle-t-il, repris en chœur par un cortège d'anges déchus comme lui. Déchus par la vie, déchus par l'amour.

L'album se referme mais réverbère ses échos encore longtemps après. Le silence qui suit « Last of the Country Gentlemen » fait partie de cet album sépulcral et froid comme le marbre dont les portes de l'enfer sont serties.

Chez Lift To Experience, JT Pearson conjuguait les Saintes Ecritures à la fureur des guitares. Ici, au travers de ce calvaire, il vient juste de signer l'un des plus beaux albums de tous les temps.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Josh T. Pearson
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Mute / Pias (B) (promo Ivox – France)
  • Date: 2011-03-14
  • Rating: 5
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