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Microminiature Love

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Attention : voici du garage certifié d'époque, empreint d'une rugosité et d'une violence inouïes, trente-cinq ans après son enregistrement ! Michael Yonkers a pondu cette galette démente en plein psychédélisme, tandis que des types se pâmaient dans les champs de coton en fumant la moquette, proclamant que ‘ tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil’. Yonkers n'était pas vraiment beau, et à écouter ce disque, pas vraiment gentil non plus. Trente-cinq ans ! Et voilà que vos certitudes rock'n'roll vacillent, une fois de plus. The Electric Prunes, The Sonics, Jefferson Airplane,… Du pipeau. Qu'ils aillent braire chez leur mère, parce que cette chose, ce bruit qui tue, ce punk-rock avant l'heure, aurait dû rentrer dans l'histoire, laisser des traces dans le cerveau bousillé des fils à papa sous acide. Mais non, justement : cet album n'est jamais sorti. Trop dur, trop brut, trop précurseur. Sans doute qu'il faisait peur à toute cette frange de hippies shootés au bonheur béat fleurant le patchouli de chez Airwick. Et merde : à cause de tout ça, Yonkers a fini par péter un câble, genre Syd Barrett en plein trip nauséabond, ayant trop vite franchi le point de non-retour. Heureusement, un type a retrouvé les bandes, et s'est fendu comme mission de redonner vie à ce chef-d'œuvre depuis trop longtemps en péril. 2003 : ce " Microminiature Love " donne l'air d'avoir été enregistré hier, aux studios Toe Rag de Londres, là où les Kills et les White Stripes ont enfanté leurs dernières tueries. Michael, lui, n'a que faire de cette mode garage-punk déclinée aujourd'hui à toutes les sauces : 35 ans qu'il est dans l'œil du cyclone, sans le savoir. A l'époque, il avait même inventé un appareil pour donner aux distorsions de sa guitare une puissance démoniaque, pour décupler la force de frappe de ses riffs déjà monstrueux : le ‘Fuzzin Bark’, une machine ahurissante que les mecs artys de la No Wave auraient bien rachetée en brocante. Ca s'entend sur certains titres, et ça donne froid dans le dos, comme si Elvis ricanait de l'enfer en faisant claquer son pelvis squelettique. Yonkers ose même la ballade gothique avec " Returning ", une chanson d'amour mais qui se termine dans un bain de sang, façon Tobe Hooper version Nuggets. C'est énorme. Durant les seventies, Yonkers a encore sorti quelques disques en solo. Vu l'état du bonhomme en 68, gageons qu'ils doivent être encore plus terrifiants. En sa mémoire (dérangée), prions qu'ils soient eux aussi réédités, parce qu'il nous tarde de connaître, trente ans plus tard, la suite.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Michael Yonkers
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Sub Pop / Konkurrent
  • Date: 2003-12-31
  • Rating: 0
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