Cass McCombs s’est forgé une réputation de songwriter depuis la publication de deux excellents albums : « Dropping the Writ » (2007) et « Catacombs » (2009). Le Californien est manifestement très doué pour mêler folk et pop au sein d’un climat particulièrement énigmatique. Un orfèvre en la matière ! Tout en manifestant une attitude détachée, il élabore des chansons vaporeuses, délicates, précieuses, envoûtantes, cinématographiques (on pense à David Lynch), mais toujours extrêmement mélodiques.
Son nouvel album, « Wit’s End », s’inscrit parfaitement dans la lignée de « Catacombs » ; et en particulier du titre qui ouvrait l’elpee, « Dreams Come True Girls ». Pourtant, le propos est plus aride et plus sombre. Lentement, progressivement, en creusant des méandres, ses compositions dessinent des mélodies. Des mélodies bien moins évidentes que dans le passé. Pas de refrains ni de breaks, mais de longues divagations folk. Si le piano et les claviers hantent la plupart des plages de l’opus, des instruments à vent comme le basson et le hautbois y sont également intégrés. Minimaliste, « Wit’s End »est une œuvre qui nécessite plusieurs écoutes avant d’être appréciée à sa juste valeur. Et elle regorge de pépites. A l’instar de la ballade qui ouvre la plaque, « County Line », même si elle est peu représentative du reste de l’elpee. Ou encore de « Memory’s Train », caressé par un hautbois. Mais le sommet de l’album est atteint par « A Knock Upon the Door », 9 minutes belles à en damner les fantômes du folk US. Splendide ! En donnant plus de profondeur à son dark folk, Cass McCombs n’est finalement plus très loin de l’univers de Timber Timbre. Frissons garantis !

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