« Bachelorette » trahit quelques relents liturgiques. Sur les deux premiers morceaux, on imaginerait presque un groupe de bonnes sœurs, le long de la plage, chantant au rythme de la guitare du curé. Et j’exagère à peine. Cette petite voix fluette et ses chœurs du même acabit n’ont absolument aucune consistance. Les mélodies, qui ont l’air, de piste en piste, quasi identiques, ne relèvent pas vraiment le niveau. Même pas sûr que les musiciens sachent dans quel monde ils veulent nous embarquer. On reste sur le quai et on regarde le bateau s’éloigner. Le sentiment que le navire va rapidement sombrer nous empêche de monter à bord. Et cette sensation nous sauve, car elle s’avère juste. Et personne ne se précipite pour reprendre quelque morceau que ce soit de l’épave. Car même en pièces détachées, l’album ne présente aucun véritable intérêt. Aucune plage n’a la véritable saveur amère de l’eau de mer. Aucun orage ne vient agiter cette même étendue d’eau, aucun souffle de vent ne vient pousser l’embarcation. C’est un surplace perpétuel. Et jamais la situation ne se débloque. Ceux qui avaient pris place sur le paquebot pensant partir à l’aventure, partagent une sombre pensée : ils n’auront rien à raconter de leur croisière qui leur a juste causé le mal de mer.

Nederlands
Français 
