Islande : terre de feu, de geysers, de volcans, de sources chaudes...
Islande, terreau où se sont développés Bjork et Sigur Rós, cinglés de musique et parfois cinglés tout court !
Cinglés à un point tel que la contagion gagne et que l’on risque de le devenir également à l’écoute de leur musique et encore plus à l’observation de leur comportement…
Sigur Rós est un quatuor dont le style résulte d’un mélange étonnant entre post-punk (les riffs), musique classique minimaliste et rock progressif. Rien que ça ! Pas question donc de rencontrer dans leurs compos un semblant de schéma conventionnel couplets-refrain. On n’est bien loin de cette ‘règle’ !
La formation est drivée par Jonsi, un borgne génial. Il possède une voix de fausset et se sert de la guitare électrique comme un violon (NDR : à l’aide d’un archet). Sigur Rós est au bord de la rupture quand Vincent Morisset, réalisateur français signataire d'un documentaire remarqué sur Arcade Fire (NDR : il en a réalisé d’autres, notamment consacrés à Beirut et The National) propose au quatuor de les prendre sur le vif, lors de leur de leur tournée britannique. A cette époque, il est fortement question d’une séparation au sein du band. Mais cette éventualité est vite balayée. D’ailleurs un nouvel opus, suivi d’une tournée, sont prévus au cours des prochains mois.
C’est donc un triple ‘album’ qui vous tend les bras. L’objet réunit un Dvd, également minimaliste (comme leur musique) et deux Cd immortalisant l’intégralité de leur prestation live. Le qualificatif de ‘minimaliste’ n’est pas choisi au hasard. Hormis quelques ‘coupures’ consacrées à des archives d’un ennui mortel, on ne peut pas dire que le réalisateur ait fait preuve d’une grande originalité. Plaquant le plus simplement du monde sur la pellicule les images noir et blanc de neuf morceaux (à rallonge), Morisset n’a hélas jamais cherché à enrober son produit. C’est du brut de décoffrage sans aucun artifice. Mais visiblement, cette idée a séduit, produisant même son effet auprès de chacun des membres du combo, puisqu’ils ont décidé d’accomplir un bout de chemin ensemble. C’est déjà ça… Pour les autres, à l’écoute de ce que peuvent interpréter ces zouaves venus du grand froid, c’est la déception. On aurait sans doute imaginé autre chose. Des images, des couleurs, des jeux de lumières à la hauteur de leur inventivité, de leur créativité… Rien, c’est le néant et, désolé, c’est même moche !
Restent donc deux Cd un peu plus consistants qui nous proposent quinze titres dont quelques-uns font double emploi avec le ‘film’. Mais à tout choisir, autant se remémorer leur concert sans les images ; car d’une part, on en a bien plus pour son argent et deuxièmement comme les images n’apportent strictement rien, autant faire l’impasse sur ce disque-là…
La bonne surprise, c’est que Sigur Rós propose enfin, après 17 ans d’existence, son premier album live. Reconnaissons ici l’excellence de la prise de son (retravaillé en studio ?) et le choix des morceaux qui balaient la carrière entière du band. Admettons également que ce style musical hors du commun mérite parfaitement sa place dans des éditions live, quoi que certains puissent parfois en penser.
Bref, un peu à l’image du pays, Sigur Rós alterne le chaud et le froid dans cette parution où le superflu côtoie l’essentiel. Mais si l’image ne rend pas d’elle ce que l’on attendait, il serait erroné de croire qu’un concert de Sigur Rós ne vaut pas la peine d’être vécu !
Soyez donc vigilant lorsque les dates de leur prochaine tournée seront fixées ; et ne ratez surtout pas l’occasion de vivre à une des plus grandes messes musicales, de votre existence…

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