Ben franchement, je me suis bien marré en lisant toutes les références que mes confrères ont pu attribuer à Girls, presse anglo-saxonne y compris. Mais tout d’abord, un petit historique s’impose. Le groupe, c’est avant tout le fruit de la rencontre entre le bassiste/producteur Chet White et le chanteur/compositeur/guitariste Christophe Owen. Ce dernier a grandi au sein d’une secte hippie, sise aux States, du côté de San Francisco, dont il est parvenu à se soustraire au cours de son adolescence. Et pas sans dégâts, notamment au niveau de l’addiction. De cette période, il en a conservé un goût certain pour la musique des seventies. Et c’est très palpable dans ses compos. Pour enregistrer, « Father, son, holy ghost », le tandem a reçu la collaboration de quelques musiciens de studio. Mais ce qui frappe d’abord, c’est la mise en forme opérée par Chet. D’un raffinement extrême. Tout comme les arrangements. Ce qui colle parfaitement à la musique de Girls, qui puise essentiellement son inspiration dans les seventies. Plusieurs titres auraient ainsi pu servir de slows crapuleux, pour les Dj’s de l’époque. Non mais imaginez, un orgue fluide, rogné, poussiéreux, réminiscent de Procol Harum, des interventions de guitare gémissantes à la George Harrison et des mélodies mélancoliques susceptibles de rappeler Mott The Hoople voire Barclay James Harvest. Le tout caressé par le timbre fragile, vulnérable, intimiste de Christophe qui épanche des histoires de désillusions amoureuses. Bien sûr, toute la plaque n’est pas tramée sur ce canevas. Mais elle nous renvoie systématiquement à cette époque. A l’instar du plus vivifiant « Die », qui adresse un clin d’œil très appuyé au « Highway star » du Deep Purple. Ou encore au plus bluesy « Forgiveness », morceau qui s’étale sur plus de 8’. Mais surtout sur le presque ‘floydien’ « Vomit », une piste enrobée de chœurs gospel, comme à la belle époque de « Dark side of the moon ». Qui a dit revivaliste ?

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