Jay-Z et R. Kelly sont deux monstres de la black music. Mais si l'un est reconnu pour sa verve hip hop et ses talents de producteur (Jay-Z), l'autre n'a de cesse de se vautrer dans le R'n'B le plus factice et le plus sirupeux, se proclamant " King of the world ", alors que sa musique est aussi fade qu'un gros plat de nouilles. En exhibant fièrement ses pectoraux luisants aux midinettes de 13 ans sur fond de soupe FM pleine de beats putassiers, R. Kelly fait sacrément pitié. " The Best Of Both Worlds " : ce n'est donc vrai qu'à moitié, et encore… Car Jay-Z, lui aussi, trempe parfois sa musique dans la fange, quand il ne montre que son côté le plus beauf et le plus réac', celui qu'MTV aime tant diffuser dans des clips vulgaires et machistes. Pourtant, son dernier disque, " The Blue Print ", a été salué comme l'un des meilleurs albums hip hop de l'année dernière, et c'est justifié. Alors pourquoi s'être lancé à corps perdu dans cette entreprise de marketing maousse costo, au côté du plus gros mac de la musique black ? Pour le tiroir-caisse sans doute, mais question d'image, c'est une belle grosse bourde : " The Best Of Both Worlds "… Y a-t-il affirmation plus grossièrement prétentieuse, surtout quand on voit le gros R. Kelly prêcher sa bonne parole (" I Love God ", et blah blah blah) en survêt' de gros mâle en rut ? Question musique, donc, c'est plutôt raté : on sent le travail bâclé, la collaboration discutée sur contrat, mais pas en studio. " The Best Of Both Worlds " ? Euh, hum, " The Worst ", en fait.

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