Bénéficiant de la collaboration d'une pléiade de collaborateurs, dont un orchestre symphonique, le précédent opus de Divine Comedy naviguait quelque part entre ‘easy listening’ et démesure baroque. Un exercice de style inspiré par l'admiration que porte Neil Hannon à des gens comme Bacharach, John Barry, Gene Putney ou encore Scott Walker. Ce qui avait valu à cet opus, une volée de bois vert de la part de la presse insulaire (NDR : ça rime !). Faut dire que l'attitude de dandy BCBG, affichée par l'Irlandais n'arrangeait pas les choses… Pour enregistrer " The regeneration ", Neil a fait appel à Nigel Godrich (Radiohead, Travis) pour assurer la production. Et vu la notoriété du personnage, vous vous doutez bien qu'il y a laissé sa griffe. Bien qu'omniprésents, les arrangements et les orchestrations sont beaucoup plus souples et surtout moins envahissants. L'instrumentation basique est mieux mise en évidence, le tempo énigmatique et le climat propice à la mélancolie. Ce qui permet à la musique de Divine Comedy de renouer avec la forme consommée par " Libération " et " Primeval ", mais avec plus de profondeur et d'émotion ; même si Neil a parfois tendance à remettre une couche de son baryton bien timbré. Pas systématiquement heureusement. En outre, le tempo imprimé est souvent énigmatique, les accords de piano limpides, la conjugaison de cordes de guitares, acoustiques et électriques, structurée en crescendo. Ce qui donne un aspect ‘britpop’ aux compositions. Et lorsque une brume légèrement psychédélique, technologique envahit l'espace sonore, on frôle l'univers de la trip hop insulaire…

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