Pour ceux qui suivent, inutile de rappeler à quel point Neurosis me semble un incontournable de la scène métal. Créateur d'une oeuvre très forte, nos Californiens ouvrent la marche, leur position de meneur jamais mise en défaut. En entretenant cet attachement indéfectible aux sons et aux ambiances qui leur appartient, Neurosis peut se targuer d'être un modèle de persévérance et d'intégrité. A l'instar d'un Tool, puisant exclusivement dans sa propre création pour se réinventer, se renouveler et se dépasser, Neurosis utilise également à sa manière cette totale autonomie musicale. A l'écart des mouvements, donc théoriquement à l'abri des effets du temps. Septième album du combo, " A sun that never sets " réoriente, élargit le spectre musical balayé par le passé. Les différents travaux en solo des principaux compositeurs du groupe n'y sont certainement pas étrangers. Plus proches du contenu de " Time of grace " que de celui d' " Enemy of the sun ", ces 10 nouveaux titres poursuivent le travail amorcé depuis 2 à 3 ans. C'est-à-dire en prônant un retour vers un métal peut-être plus classique dans sa forme, mais toujours aussi travaillé sur le fond. Pas de doute, c'est bel et bien un album de Neurosis, composé de ces longues, lourdes et lentes plages, parfois sises, grâce aux samples, à la frontière du death-ambient. Sans oublier la polyphonie des 3 voix si caractéristiques du groupe, les déchaînements sonores et les crescendos. Aujourd'hui les percussions répétitives et incantatoires semblent abandonnées au profit des cordes qui ajoutent une touche plus mélancolique, funéraire à l'ensemble. Selon mon humble avis, le groupe perd au final un peu d'originalité (même dans le packaging), dans le voyage, mais devrait allégrement se rattraper sur scène où se déploie sa véritable puissance de feu. Patience donc.

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