A quand Bashung en tête d'affiche d'un festival de rock ? Ecoutez-le s'éclater en duo avec Noir Désir ("Volontaires"), s'envoler sur le "Hey Joe" d'Hendrix ou s'érailler sur "Toujours sur la ligne blanche", et vous verrez que le gaillard peut nous en remontrer dans le genre cris, guitares et passions. Vraiment, ça vaut la peine de se plonger dans son oeuvre. D'autant que, pour en faciliter l'accès, Bashung a sélectionné lui-même une cinquantaine de titres, réunis ici sur le double album "Climax". Ce survol d'une carrière aide à mieux réaliser la formidable évolution de l'artiste, rendu célèbre il y a plus de vingt ans grâce à "Gaby, oh Gaby" (nostalgiques, rassurez-vous, le titre est sur la compile, de même que "Vertige de l'amour", enregistré en concert). Il y a ces chansons gentilles et enlevées, très rock français en fait, des premières années. Et déjà, des textes allumés qui tranchent avec les très conventionnelles habitudes du genre. Dans les années 80, Bashung a sans doute écouté pas mal de new wave. Il propose alors des ambiances plus froides et aiguisées, pour des textes qui n'ont jamais atteint de tels délires depuis ("C'est comment qu'on freine", "What's in a bird ?"). Pour ne rien vous cacher, moi, c'est le Bashung des dernières années que je préfère. Il y a dans les titres extraits de l'album "Fantaisie militaire" ("La nuit je mens", "Samuel Hall"...), une plénitude qui domine ce "Climax" de très, très haute tenue. Ce disque n'est pas une simple addition de chansons. On y trouve des reprises ("Les mots bleus" avec une puissance insoupçonnée, "Night In White Satin"), des titres live et des duos (Rachid Taha, Noir Désir, Marc Ribot). Hautement recommandé.

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