Le nouvel opus de The Cure devrait ravir ses fidèles aficionados. Et pour cause, " Bloodflower ", constitue l'aboutissement d'une trilogie entamée, en 1982, par " Pornography " et poursuivie, en 1989, sur " Disintegration ". Ce qui devrait vous donner une petite idée du climat au sein duquel baigne cet elpee. Hormis le minimaliste, presque lo fi " There is no if... ", toutes les compositions sont construites suivant un même schéma. Sorte de flux électrique rampant, tentaculaire qui permet à Robert Smith d'épancher, de sa voix gémissante si caractéristique, ses lyrics empreints de nostalgie sur les incertitudes, les craintes et les désillusions de sa propre existence.
Robert était à l'aube de ses 40 piges, lorsqu'il a écrit les chansons de cet opus. Et il s'inquiète de cette fuite du temps sur " 39 ". Un fragment qui fait la part belle au psychédélisme intense, mais brumeux. Comme sur le meilleur titre de l'album " Watching me fall ". Plus de 11 minutes chargées d'intensité vivifiante, où cordes de guitares geignardes, cristallines, jacassent à qui mieux mieux. Et lorsque l'ombre d'un Sad Lovers And Giants se met à planer sur l'une ou l'autre chanson, c'est parce que le climat est à son paroxysme de la vision atmosphérique. Et les sonorités du clavier n'y sont pas étrangères. Pourtant, lorsqu'on sait que le défunt et légendaire SL&G reconnaissait pour influence majeure le Cure, il faut croire, qu'au fil du temps, les tendances se sont mises à s'inverser. Nous ne terminerons pas cette chronique sans évoquer la présence du single, " Out of this world ", dont vous avez eu plus que probablement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre ; mais surtout celle de " Watching me fall ", probablement le morceau le plus original du disque. La voix de Robert mise très en avant brosse ici une tapisserie instrumentale opulente, toute en demi-teintes, accentuant davantage la sensation de vertige...

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