Difficile de comprendre pourquoi un musicien aussi talentueux ne rencontre qu'un succès si confidentiel. Difficile de comprendre comment une musique aussi agréable à l'oreille est si peu diffusée sur les ondes radiophoniques. Serait-elle à ce point intelligente pour effrayer les programmateurs de ces stations ? Les lyrics de Cole, teintés d'humour et parfois même de cynisme, ont beau faire très souvent référence à la littérature, cette excuse, me semble-t-il un peu légère, surtout si elle émane de la bande FM. Oh bien sûr, flanqué des Commotions, il a bien gravé trois elpees devenus légendaires. Qui ne se sont pas pour autant traduits en tunes. Et sa carrière solo, volontairement plus accessible, n'a finalement et paradoxalement, débouché que sur une nouvelle chute de popularité. C'est vraiment à ne rien y comprendre. Personnellement, découvrir un nouvel album de Lloyd a toujours été un réel plaisir. Et je ne m'en cache pas pour le dire.
" The negatives " m'a donc plu. Beaucoup plu. Simplement parce que son mélange de cordes électrique et acoustique fait à nouveau merveille. Et si les inévitables ombres de Television et du Velvet planent sur cet opus, donc des Commotions, elles sont ici rejointes par celles plus " postcard ", d'Aztec Camera voire d'Orange Juice. Et tout au long des onze fragments de cet opus, Lloyd parvient, avec le concours de Stephen Street (le producteur de ses débuts) aux manettes, à préserver ce fragile équilibre entre intensité et esthétisme. A nous envoûter par ces mélodies empreintes de charme, de subtilité et de confidence qu'il caresse de son timbre vocal tellement chaleureux et profond. Et si un filet de synthé ou une bruine d'arrangements symphoniques viennent, de temps à autre, rafraîchir l'une ou l'autre chanson, c'est pour mieux communiquer ce sentiment de mélancolie douce-amère, capable de vous toucher l'âme…

Nederlands
Français 
