Après le fameux concept et double CD « Subterranea », grande réussite artistique et succès critique et public, nous étions perplexes : qu'allait nous proposer IQ ? Le groupe allait-il à nouveau exploiter les mêmes recettes, ou s'écarter radicalement des sentiers déjà empruntés ? Les deux voies n'auraient pas manqué de provoquer pleurs et grincements de dents. Très intelligemment, IQ nous offre « The seventh House », CD tout simplement irréprochable, empreint à la fois de maturité et d'audace. C'est toujours bien du IQ ; les fans ne seront donc pas déroutés. Peut-être auront-ils un peu de mal à appréhender cet opus à cause de sa complexité. Pourtant, dès qu'on lui accorde l'attention qu'il mérite, il révèle toute la richesse et la beauté sophistiquée de ses six plages ; toutes passionnantes, en définitive. On est loin de la fluidité de Subterranea : ici, tout est plutôt grave et mélancolique, voire torturé. Rythmes alambiqués, contrastes, séquences qui semblent ne mener nulle part, sonorités de guitare non dégrossies, sont quelques-uns des ingrédients qui participent à la révolution douce. Chaque musicien semble en pleine forme. On a droit à un peu de saxophone. Les claviers de Martin Orford sont impériaux. Mike Holmes nous délivre plus d'un de ces soli de guitare assassins dont il a le secret. Paul Cook aux fûts et John Jowitt à la basse tissent une rythmique solide et pêchue. Et la belle mais fragile voix de Peter Nicholls n'est ici jamais prise en défaut. Les arrangements sont somptueux, la production étincelante …CD irréprochable, vraiment ! Et la moindre des qualités du groupe n'est sûrement pas cette volonté affichée de continuer à évoluer et à nous surprendre. IQ se pose ainsi en groupe majeur de ce début de millénaire. A nous de ne pas passer à côté !

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