Dans les sphères ouatées d’un rêve imprégné des embruns de la réalité, Jérôme Deuson, alias aMute s’est réalisé, transformé, muté en un étrange animal que « Black Diamond Blues » vous invite à chevaucher.
Plongé en apnée dans un univers sombre aux multiples facettes, après s’être réalisé en groupe dans une vision plus Pop durant quelques années, l’architecte sonore qui milite ici propose un voyage fantastique sur la pellicule grainée d’un film qui n’existe pas mais où les paysages défilent et s’impriment à l’arrière de nos rétines, sans même pouvoir être perçues.
Troublante, l’expérience se décline en longues plages introspectives qui éveillent tantôt la curiosité, tantôt une certaine mélancolie, substituant l’auditeur à l’enfant regardant les gouttelettes de buée glisser le long d’une vitre, les lumières des néons se fondant en arrière plan.
Même le chant (« Every Day Is », « So Easy To Fall ») semble lointain, comme prisonnier d’une bulle.
Un simple mais contrasté moment d’évasion dans l’inconnu.

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