La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Stereolab

Release

Écrit par - Ian -

Les plus fidèles représentants du courant industriel ayant sérieusement pris de la bouteille (Front Line Assembly, Skinny Puppy…), vous serez étonnés de retrouver du plaisir à l'écoute de quelques poncifs musicaux, considérés à tort comme les signes manifestes d'une fin de règne annoncée. En vrac, guitares décharnées, basses métalliques, vocaux d'outre-tombe, mélodies réfrigérées, le tout enveloppé d'échos nuageux. Vieux gothiques, vous qui crachiez sur les Sisters of Mercy tout en les écoutant encore en cachette, quittez votre tanière sans honte, ressortez votre trousse de maquillage, vos apparats sombres, les poèmes de Rodenbach, car P-A-L parvient à redorer l'étendard cold wave que vous désespériez de revoir flotter un jour.

Ce jeune outsider va de nouveau rameuter une foule de ténébreux, toute tranche d'âge confondue. Malicieux et cultivé, il sait à la fois jouer de la distorsion maladive, parvenant de fait à attirer les oreilles des plus anciens, puis il la couple à divers samples angoissés plus modernes, créant alors une sorte de mantra nauséabond aux relents de paranoïa tout de même délectable pour les plus jeunes. Voilà l'exemple même du gentil garçon ayant appris les bases de la musique avec les vinyles d'un grand frère aux cheveux crêpés, puis perdu ses boutons d'acné au son de la techno minimaliste de Detroit. Ces influences, il les malaxe puis les pare de son talent pour s'approcher de sommets seulement atteints par les meilleures compos de Download. Les connaisseurs apprécieront. L'habituelle structure technoïde, basée sur la répétition de motifs, trouve entre ses mains une nouvelle santé ; nous émouvant par ses jeux d'images décolorées sises à mi distance du grisâtre et du rouge sang. Lui cherche peut être à trouver un équilibre entre dancefloor et instrumentaux névrotiques ; ces derniers, par leurs mélodies, nous ramenant par moment au pire d'un Jean Michel Jarre, esthète bourgeois dont on se demande encore comment il pu influencer à ce point la branche dure de l'électronica actuelle. Là, n'est pourtant pas le sujet.

Emplie d'odeurs, de joies, de douleurs indélébiles, cet opus titille notre sensibilité infantile en autant de fragments d'ambiances qui, mis bout à bout, narrent notre histoire personnelle. On se demande alors si nous n'avons pas affaire à un cinéaste plus qu'à un musicien, ses morceaux s'apparentant plus à des photogrammes qu'à de simples tracks.

Tenons nous là le David Lynch goth ?

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: P-A-L
  • Genre: Electro/Hip-Hop
  • Label Prod: Ant-zen
  • Date: 2000-12-31
  • Rating: 0
Lu 505 fois