Le sixième album des Charlatans démarre sur les chapeaux de roues, avec le fabuleux « Forever », qui nous rappelle les meilleurs moments des débuts du groupe. Tempo house, hammond tourbillonnant, vocaux languissants : tout est mis en œuvre pour atteindre le groove irrésistible, extatique, psychédélique, qui vous met littéralement la tête à l’envers. Et puis, après avoir écouté le premier morceau, on a une sensation de vide, qui nécessite plusieurs écoutes avant d’être totalement comblé. Parce les Charlatans ont pris un virage à 180°. Ils auraient quand même pu prévenir, parce que la suite vaut son pesant d’or. En fait, Tim, qui vit le plus souvent à Los Angeles, semble avoir découvert ou redécouvert des mythes du rock’n roll tels que le Band de Bob Dylan, les Stones circa « Beggars Banquet » et les Byrds. Et cet opus en porte clairement les plus beaux accents. Depuis les claviers poussiéreux à l’harmonica douloureusement bluesy, en passant par le piano sonore, sans oublier le recours occasionnel au mellotron. Même la voix de Tim épouse subrepticement les inflexions nasillardes du Zim. Maintenant, n’en faites pas une fixation, car les Charlatans ne se sont pas contentés (NDR : Dieu merci !) de revisiter ce passé glorieux. Non, ils l’ont revitalisé à leur propre sauce, insufflant un sens mélodique contagieux qui n’appartient qu’à eux, et à eux seuls, nous délivrant de véritables petites perles intitulées « The blonde waltz » ( ! ? ! ?), le beau et déchirant à la fois « My beautiful friend », probablement écrit en hommage à leur ancien claviériste, feu Rob Collins, ainsi que « Watching you », dont la structure élaborée et hypnotique est écrémée par le raffinement des harmonies vocales. Indispensable !

Nederlands
Français 
