Quatorze mois après avoir accouché de " Bring it on ", Gomez nous revient avec un deuxième album. Un disque dont les sessions d’enregistrement se sont déroulées tantôt à Liverpool, à Londres (aux studios " Abbey Road ") et puis dans un manoir près de Hastings. Une œuvre qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être réellement apprécié à sa juste valeur. Parce que si le son est moins épais que sur leur précédent opus, il est paradoxalement plus riche. L’instrumentation acoustique, la guitare sèche surtout, est plus présente. On y trouve même parfois une section de cordes ou des mariachis, sans oublier des claviers ou du piano. Mais leur groove est toujours aussi irrésistible. Les drums acariâtres et la basse grondante, pulsante. Sans oublier le formidable timbre de Ben Ottewell, dont la gorge, selon un célèbre magazine musical insulaire, aurait subi une trachéotomie en dub. " Liquid skin " baigne dans un contexte qui tourne autour du rythm’n blues, de la house, du psychédélisme, du funk, du swamp, du bayou et de la roots. Les spécialistes du blues apprécieront, sans aucun doute. Gomez réalise ainsi la liaison parfaite entre l’héritage d’un certain passé, incarné par Lightin’ Hopkins, Toots & The Maytals, Grateful Dead, Allman Brothers Band, Jefferson Airplane et Nick Drake, et le présent des Happy Mondays, Beck et Tom Waits. On a même l’illusion d’entrevoir le spectre de Tuxedo Moon, sur l’étonnant " Las Vegas dealer ". Mais Gomez a tellement bien digéré toutes ses influences, que son expression sonore en est devenue bien personnelle. Un album cinq étoiles assurément !

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