Ce qui frappe tout d’abord sur cet album, c’est le raffinement du son. Un raffinement qui nous rappelle un certain Capability Brown, qui avait sévi au cours des seventies. Joy Zipper est un duo constitué de Vinny Cafiso et de Tabitha Tindale. Ils ont bien été assistés par l’un ou l’autre musicien de studio, pour enregistrer cet opus, mais en général, Vinny se réserve la quasi totalité de l’instrumentation ; Tabitha assumant quelques parties de claviers. Mais le plus étonnant procède de la qualité de leurs harmonies vocales, harmonies échangées entre le timbre délicat de Vinny et celui plus puéril de Tabitha. Translucides, elles nous rappellent ni plus ni moins les Beatles. Des Beatles que le groupe a certainement dû beaucoup écouter. Surtout le double blanc. Mais cette fascination pour les Fab Four est mêlée à une multitude d’autres influences. Psychédéliques, tout d’abord. Et on pense ici le plus souvent à Sonic Youth et à Syd Barrett, dans leur phase la plus moelleuse. A Ultra Vivid Scene également ; en particulier sur le torturé et opulent « Everyday ». Enfin krautrock, comme dans le final « Apathy », où le groupe joue sur les oscillations du son. On imagine même sur « Transformation fantasy », un Stereolab qui se serait shooté à la country. Mais le duo obéit à une même constante, mener toutes ces expérimentations avec la plus grande délicatesse. Ce qui rend cet album si savoureux à écouter. Un must qui tombe littéralement du ciel !

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