Après avoir gravé deux albums largement sous-estimés (« Splendor solis » et « The edge of twilight »), œuvres qui faisaient suite à un premier opus totalement passé inaperçu, le trio canadien s’était quelque peu planté en 1997, en tentant de fusionner le metal et la musique électronique, à travers « Transmission ». Si « Triptych » consomme une même dose de technologie moderne, il la libère avec moins de radicalisme, et en tout cas, à bon escient. Encore que parfois, son approche hardcore, comparable à celle de Nine Inch Nails, ne correspond pas tout à fait à ce que nous attendons de Tea Party. Heureusement, cet opus s’ouvre des perspectives autrement intéressantes. Notamment lorsqu’elles embrassent la world music. Et surtout son instrumentation ethnique. Comme sur les remarquablement exotiques « The halcyon days » et « Samsara ». Dans la lignée du célèbre « Kashmir » du Led Zeppelin. Le recours à des instruments aussi insolites que l’‘oud’ et l’‘esraj’ n’y étant certainement pas étranger. Des instruments utilisés par l’Egyptian Ensemble, formation que Tea Party avait eu l’occasion de côtoyer, lors de son périple en Australie, mais qui surtout avait accompagné Page & Plant, lors de leur fabuleuse tournée mondiale, accordée en 1995. Autre point fort de cet opus, les orchestrations symphoniques et les arrangements. Abordés à l’instar d’un Divine Comedy qui se serait débarrassé de ses caractéristiques music hall, pour privilégier le feeling pop. Tea Party s’aventure même, et pour la première fois, dans une cover. « The Messenger » de Daniel Lanois. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Comme sur le bowiesque « Underground », l’énigmatique post new wave (Dance Society ?) « Touch » et puis surtout « Gone », un petit joyau hymnique, qui a bénéficié de la participation d’un quatuor à cordes, dont les musiciens on été recrutés au sein de l’orchestre symphonique de Montréal…

Nederlands
Français 
