Disciple de Scott Fitzgerald et de Robert Zimmerman, Elliott Murphy aurait mérité de connaître le même succès que celui de Bruce Springsteen, avec lequel il est d’ailleurs lié d’amitié depuis bien longtemps. Mais cet enfant de Long Island n’était pas né sous une bonne étoile. Pas pour rien d’ailleurs qu’il soit surnommé " the looser ". Pourtant, il compte des tas d’admirateurs célèbres, parmi lesquels on retrouve Peter Buck, les Violent Femmes, Lou Reed, Tom Petty, Costello ou même le producteur des Doors, Paul Rothchild. Depuis 1986, il s’est installé à Paris où il vit toujours aujourd’hui, en compagnie de son épouse et de son fils. Il continue cependant de tourner. Souvent dans les petits clubs. Trop rarement à l’étranger. En général armé de sa ‘six cordes’ acoustique, mais parfois aussi flanqué de quelques potes, juste le temps de faire un bœuf. Ce qui ne l’empêche pas de continuer inlassablement à enregistrer des disques. " Beauregard " constitue ainsi son 17ème ! Une œuvre qui privilégie les climats intimistes mais dont la dimension littéraire a pris un caractère tellement provocateur qu’on ne peut s’empêcher de penser à Bob Dylan, lorsqu’il était au comble de sa contestation sociopolitique. Treize titres qu’il chante d’une voix chaude, mi-reedienne, mi-springsteenienne, en s’appuyant sur un groupe qui se partage basse, mandoline, violon, harmonica, slide et drums feutrés. Et à première écoute, on se met à penser au " Harvest " de Neil Young, à " Bring’em all " de Mike Scott voire à " In the pines " des Triffids. A cause des mélodies toutes en nuances et en subtilité, sans doute. Mais après mûre réflexion, c’est encore avec le boss qu’Elliot a encore le plus d’affinités sur ce " Beauregard " ; en particulier lorsqu’en pleine phase minimaliste, il avait commis " Ghost of Tom Joad " ; si nos souvenirs sont bons, c’était en 1995…

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