Palace, Sophia et Smog appartiennent à cette nouvelle scène yankee dont le spleen minimaliste contraste singulièrement avec la férocité électrique dispensée par la plupart des groupes contemporains du pays de l'Oncle Sam. Smog, c'est avant tout Bill Callahan, personnage introspectif responsable de chansons le plus souvent autobiographiques, mais surtout mélancoliques. Il les chuchote d'une voix basse, confidentielle, en s'accompagnant d'une instrumentation la plus dépouillée possible, qu'il résume le plus souvent à quelques cordes de guitare acoustiques, une steel guitar, un piano émacié et des drums plus caressés que frottés, une instrumentation embuée, suivant les circonstances et en filigrane, d'arrangements sporadiques, dont une trompette occultée. Sur " Red apple falls ", Callahan a réussi la rencontre parfaite entre la cruauté austère de " The doctor came at dawn " et la plénitude luxuriante de " Wild love ", faisant défiler tel un écheveau des images abstraites, expressionnistes qu'il voit au plus profond d'une âme sinistrée, ... la sienne.

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