Après une tournée triomphale en Australie, le trio Canadien nous revient avec un quatrième elpee, " Transmission ". Nous n'allons pas derechef vous faire l'éloge de Tea Party, dont les trois premiers albums sont absolument remarquables. Mais simplement vous répéter que si vous aimez voir traiter le metal et le folk dans le sens le plus underground, le plus progressif du terme, Led Zeppelin, les Doors, la philosophie orientale, le symbolisme et le mysticisme, ces trois disques doivent absolument trôner en bonne place au sein de votre compactothèque. " Transmission " risque cependant de mécontenter les puristes. Ceux qui voyaient en Tea Party la résurrection du rock pur et dur. Et pourtant, cet opus ne manque pas de richesse. Beaucoup plus expérimental, il tente d'hybrider la musique électronique et l'instrumentation basique. Un peu à la manière de Stabbing Westward et de Filter. Mais en plus psychédélique, en plus exotique. Il plane d'ailleurs toujours sur la musique de Tea Party cette atmosphère grave, envoûtante, somptueuse, capable de vous donner le vertige... Il faut cependant reconnaître que si, pour la plupart des compositions de ce morceau de plastique, le traitement technologique est plutôt réussi ; et nous pensons ici à " Temptation ", " Army ants ", " Psychopomp ", " Gyroscope " et " Pulse ", certaines ont peut-être le tort de vouloir marcher sur les plates bandes, tantôt de Chemical Brothers, de Prodigy, de Moby et même de Ministry. D'autres encore font cependant preuve d'une toute autre audace. Notamment " Release " qui réussit la fusion, jusqu'alors impensable, entre Joy Division et l'ambient post " crimsonien " (" Island " ?), ou alors va à la rencontre de la culture maghrébine, à l'instar de feu Brian Jones, sur le titre maître, lorsqu'il ne succombe pas à la fascination hypersophistiquée d'un Japan, voire au gothisme spectral d'un Bauhaus sur " Aftermath "... Etonnant !

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