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Tongues

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La rencontre entre Kieran Hebden (alias Four Tet) et le batteur free jazz Steve Reid semble tourner à plein régime : un an après le diptyque « Exchange Session » enregistré live en 2005 dans le club londonien du même nom, voici « Tongues », une suite logique mais à la dynamique plus ramassée. Alors que sur les deux premiers volumes les connexions électro-jazz se révélaient parfois opaques, ici le résultat s’avère davantage probant. Aux longues impros prise de tête succèdent 10 morceaux plus compacts, dans lesquels chacun y met du sien mais sans tirer la couverture. « The Sun That Never Sets » débute ainsi par quelques beats moelleux, avant que tout ne s’emballe lors d’un éprouvant « Brain », synthèse free-kraut-electro qui gratte bien là où ça fait mal. Heureusement, la harpe et les clochettes trafiquées du reposant « Our Time » rétablit la balance… « Tongues » oscille ainsi sans cesse entre l’effort (« The Squid », « Superheros », durailles) et le réconfort (« Greensleeves » et sa boîte à musique, « Left Handed, Left Minded »), mais sans jamais provoquer d’irrémédiable ennui. Seul un morceau ne choisit pas son camp, en équilibre instable entre tension délictuelle et flottaison acide : il s’agit de « Rhythm Dance », échappée belle à la Cluster où claquent les sirènes en signe d’inquiétude. Méfiance, donc : on parle ici d’un disque long en bouche… A écouter sans craindre d’y perdre pied.

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