Réédité aujourd'hui sur Matador, "Libertine" avait fait l'objet d'une chronique en 1994. Un album dont les mélodies sombres et claustrophobes rejoignaient l'univers de la lo-fi de Swell, Sebadoh et Smog. A l'époque, nous avions surtout souligné la faiblesse des performances vocales de Tim Midgett et d'Andrew Cohen. Voix beaucoup trop étouffées par rapport au timbre vibrant et clair de Joel R L Phelps. Aussi, en apprenant que ce dernier avait quitté Skilworm, nous ne donnions pas cher de la peau du nouvel opus. Et pourtant, le trio semble s'être bien remis de ce départ. Très bien même. En accouchant d'un excellent "Firewater". Sculpté tantôt dans la popcore des Pixies. Sans la rage vocale de Frank Black, bien sûr. Mais avec la même violence électrique et la même efficacité mélodique et contre mélodique. Tantôt dans le garage crazyhorsien. Lorsque l'intensité mélodique devient monochrome. Ou encore avec une versatilité aussi dérangeante que chez Pavement. Quand le réalisme, la satire ou l'écologie commencent à s'imbiber d'alcool. Pas à brûler. Mais bien à boire. De la "Firewater". Anisette ou bourbon. Un verre à boire plutôt qu'un ver à soie. Pourquoi pas?
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