Polly Jean Harvey est de retour avec un sixième album. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle vient à nouveau de créer l'événement. Parce que cet opus est tout bonnement exaltant. A l'instar de Lou Reed, elle chante New York. Balayés de courants émotionnels capricieux mais voluptueux, ses contes obsessionnels errent à travers Little Italy, Chinatown, les toits de Brooklyn ou encore les lumières de Manhattan. Tout un contexte propice à libérer une intensité malsaine et sauvage que la reine des ténèbres se plait à cultiver. Et que la qualité instrumentale a le bon goût d'entretenir. Faut dire qu'elle a reçu le concours de Rob Ellis et de Mick Harvey. Le trio se partage d'ailleurs les guitares, mais également la production. Si Thom Yoke la rejoint pour chanter en duo les deux fragments les plus vulnérables de disque –en l'occurrence " One line " et " This mess we're in "– elle semble véritablement envoûtée par une énergie positive sur le reste de l'opus. Un peu comme si elle était parvenue à réaliser sa sexualité, jusqu'alors introvertie (NDR : c'est ce qu'elle raconte lors de ses interviews !) Depuis " Big exit " qui recapture l'électricité nerveuse de Television, au tourbillon hormonal, presque pornographique de " This si love ", en passant par " Good fortune " et " We said something ", titres qui auraient pu relever du répertoire de Patti Smith, le fabuleux et impressionnant de punch " The whores justle and the hustlers whore ", le minimaliste (Kristin Hersh ?) " You said something " et le punkcore (Breeders ?) "Kamikaze". Remarquable !

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