Comptabilisant à peine 319 575 habitants, l’Islande exporte en moyenne une trentaine de groupes, sur toutes les scènes mondiales, chaque année. Autour des gros moteurs tels que Bjök, Sigur Rós, múm, Emiliana Torini…, l’île du Nord du Monde satellise une multitude de formations moins connues, dont la touche particulière participe à la magie naturelle propre aux pays scandinaves. Spécificité singulière, qu’on aime ou pas, indice d’un talent indéniable. Une féérie et une poésie uniques inspirées des paysages majestueux du Nord. Pour l’anecdote, 40% de la population islandaise se plait à croire aux elfes et aux fées. Ensuite, la nature exceptionnelle, les couleurs inédites des paysages semblent composer elles-mêmes des mélodies et créent des atmosphères uniques. Une communauté d’artistes solidaires qui collaborent régulièrement ensemble autour du génial fédérateur Jón Þór Birgisson (leader de Sigur Rós).
Pascal Pinon est un de ces artistes talentueux, moins exposé médiatiquement. A l’instar de Sóley, Ólof Arnalds, Seabear, Sin Fang, Ampop, Dead Skeletones, Gus Gus, Bang Gang and many more.
Parfois, des mélodies se conjuguent aux humeurs, aux émotions éprouvées lors de moments difficiles de la vie, suscitant des raz-de-marée émotionnels inattendus qui vous submergent littéralement. Une combinaison qui vous plonge au cœur même des profondeurs et vous guide, vous entraîne à travers les turbulences de sentiments confus. C’est alors que « Twosomeness » devient thérapie douce. Un instant suspendu aux lèvres du mystère où l’âme rejoint l’essentiel ; un instant qui efface les matins glacials et lézarde d’ajourés le ciel bitumineux. Moment précis où le soleil enfin peut darder ses rayons pour éclairer le monde de mélodies magiques et tendres.
Les voix splendides des sœurs jumelles Jófríður et Ásthildur décochent leurs armes les plus délicieuses pour peindre une atmosphère folktronica déstructurée et apaisante. Les bruits maladroits et sourds des bandes des machines et le doux bourdonnement du background renforcent une ambiance captivante et claustrophobe. Effet tout particulièrement palpable sur le délicieux « Evgeny Kissin » appuyé de ses chœurs choraux.
« Twosomeness » : un plaisir rare et beau.

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