Il y a quelques mois déjà que le nom de Death Vessel circule dans les circonférences mélomanes les plus alertes. ‘L’album est magnifique paraît-il ! Le chanteur, c’est un gars, un Américain, il s’appelle Joel Thibodeau. Il a joué en première partie de la dernière tournée de Low. Et c’est tellement bien que le prochain album sera signé chez Sub Pop. Ouais, le label de CSS, de Mudhoney et de The Shins. Dingue, non ? Certains disent même que ce groupe va retourner les récentes habitudes du renouveau folk !’ En glissant l’album de Death Vessel dans le lecteur, le premier réflexe de tout auditeur sera de vérifier qu’un échange malheureux de boîtier ne s’est produit au magasin… Car, oui, ce type chante comme une fille ! Ici, on ne parle pas d’androgynie à la Anthony. Non, vraiment, Joel Thibodeau a une femme au fond de la gorge, une tessiture de gonzesse sans commune mesure (sur ce coup-là, même Christophe Willem est battu à plate couture).
Après avoir digéré cette surdose de féminité enchantée, on se laisse entraîner à travers les dix paysages dessinant « Stay Close », premier album poétique et lyrique, mélodique et gentiment nostalgique. Les chansons sont courtes, efficaces, hésitant toujours entre les détours boisés du folk et le confort de la country nationale. Et, paradoxalement, on se retrouve confronté à un tout bon disque de pop, orchestré de banjo, de mandoline et de maracas. Pour peu, on oublierait presque de signaler que Laura et Meg Baird d’Espers viennent chanter dessus. Mais bien malin, celui –ou celle– qui parviendra à discerner les voix de ces deux-là !

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