"Silly me", dernier single des Scabs, nous avait mis au parfum. Un avant-goût qui a tenu toute ses promesses. Car ce "Sunset over wasteland" mérite franchement toutes nos félicitations. Tjenne Berghmans, ex-guitariste de Clouseau, puis de Betty Goes Green, a réussi, avec fruit, son examen de passage. Et l'expression sonore de l'ensemble diestois a gagné en intensité, en pugnacité. Un opus qui a en outre bénéficié du concours de Mark Thijs à la production. Méconnu dans le monde de la pop ou du rock, il jouit d'une fameuse réputation sur la scène blues. Un harmoniciste talentueux dont le plus grand plaisir est de jammer avec les plus grands artistes de blues ou même de jazz. Flanqué de l'ingénieur du son Peter Bulkens, il vient de ciseler ce qui doit probablement être le meilleur opus des Scabs. Un morceau de plastique qui alterne, pensez-vous, compositions rigoureuses, carrées, trempées dans le rhythm’n’blues rollingstonien, et ballades contagieuses, mielleuses. Faudra revoir votre impression, puisque le quartet parvient ici à sortir des sentiers battus. Se permettant des incursions dans le garage crazyhorsien ("The truth", "Can cry over"), le jazz funk insidieux ("Cookie") voire purulent ("Silly me") ou plus insolite encore, se forge, sur "Please explain", un style aux jaillissements atmosphériques. Sans oublier les clins d'œil adressés respectivement à Tom Petty sur "It's true" et à Buffalo Tom pour "Life & love". Un album épatant qui possède tous les atouts pour affronter les charts internationaux. Suffit maintenant qu'ils le veuillent bien!

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