L’indie-rock est un univers foutraque. On peut y mettre tout ce qu’on veut, pourvu qu’il soit plus ou moins alternatif. En pratique, il est issu de la contre-culture, de l’underground si vous préférez, et réunit des artistes et groupes à la recherche d'un rock authentique, éloigné des standards commerciaux.
Generationals ne serait pas indé. Pourquoi ? Parce qu’il est américain ? Quelle erreur ! Ce duo a la grande classe. Mais si le ‘Star and Stripes’ est bien dessiné sur le passeport de Ted Joyner et Grand Widmer, à l’écoute d’« Alix » on aurait plutôt misé sur l’‘Union Jack’. Autre erreur, imaginer que le pays de l’Oncle Sam ne pourrait pas enfanter des musicos dont l’approche artistique est aussi flegmatique que celle de leurs amis britons.
Fondé en 2009, Generationals compte 4 albums studio à son actif, dont cet « Alix ». Si les précédents elpees exploraient un créneau plus fondamentalement rock, ce dernier adopte un profil davantage pop aux relents 90’s.
Caractérisé par ses beats délicatement ciselés en une voix chaloupée, les morceaux se savourent comme un dessert au parfum créole vanillé ; et c’est volontiers que l’on s’en ressert de nouvelles tranches…
Si en général les artistes apportent un soin tout particulier aux 3 voire 4 premières plages de leurs long playings, y réservant même la quintessence de leur création, avant de remplir le reste, pour respecter le timing, la paire étasunienne a recours au processus inverse.
Ainsi « Black Lemon », qui ouvre maladroitement l’LP, est de facture douteuse et franchement cheap. Sur des faux airs de calypso, « Gold Silver Diamond » est paru en single. Une plage contagieuse que vous risquez de siffloter le reste de la journée. Et un bon coup de boost pour relancer la machine. Car la suite, que ce soit « Reading Signs », « Charlemagne », « Welcome to the Fire », « Heart in Two », « Now Look At Me » ou « Would You Want Me » rivalisent d’excellence.
Finalement, la seule interrogation réellement fondée procède du jour de sortie de l’album. Ce sera le 16 septembre pour les shops et le 15 sur les plateformes légales de téléchargement. Car il aurait pu devenir un magnifique compagnon de vacances que l’on aurait embarqué dans sa valise entre ses chemises à fleurs et les huiles de bronzage, tant le climat festif de longues journée d’été ressort tout au long de l’opus.
Ou alors, ce serait là, la troisième erreur : penser que l’été se termine le 21 septembre.
« Alix », est un très bon album, simple, plaisant et attachant.

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