Que les censeurs se lèvent, après avoir lu cette chronique, et me jettent tout ce qui leur passe sous la main : amplis, enceintes, bouquins, cailloux, belle-mère, je suis prêt à en prendre plein la poire.
Que les autres restent assis.
Si je vous annonce qu’« Arc Iris » est neuneu, une première salve de projectiles est en préparation.
Certains critiques musicaux crient au génie. Perso, cet opus me laisse dubitatif. Il baigne dans un climat de douceur surannée, volatile, sans véritable but ; une impression accentuée par la voix aérienne et mielleuse à souhait. Bref, « Arc Iris » est un album parfait pour les dépressifs.
Yann Tiersen (la B.O. du film Amélie Poulain), Kate Bush et Sufjan Stevens doivent plus que probablement constituer les influences majeures de cet Américain.
N’y cherchez aucune fantaisie dans sa musique, mais une grande sensibilité exacerbée par de longues tirades au piano et des cordes de violons emphatiques. Tout ce qu’il faut pour plomber l’atmosphère.
Certaines pistes tentent néanmoins de manifester une touche d’optimisme voire d’allégresse (« Stranger I know », « Pestiodon Fasciatus » « Unhand Me »), mais la plupart d’entre elles nous entraînent dans un abîme ténébreux… Mais était-ce vraiment l’objectif de l’artiste ? Je n’en suis pas vraiment sûr…
Quoiqu’il en soit, si vous estimez que la souffrance est une forme de bonheur et qu’intellectualiser le sens mélodique entraîne légèreté et bonheur, pas de doute, vous devez vous jeter sur « Arc Iris »
Pour les autres, évitez l’épreuve ; elle ne ferait qu’aggraver toute situation qui vous semblait jusqu’alors claire et gérable.

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