Les enceintes crachent un décor de salle de concert miteuse et enfumée. Ça sent le houblon et la sueur macérés. Sur scène, trois frères au chaud dans leur crise d’adolescence éternelle ; peu importe la justesse pourvu que maman déteste.
Pour ce troisième album, les Jarman, habitués des arrière-salles, signent chez un major. Conséquence ou hasard de calendrier, des guests se greffent à la fratrie. Alex Kapranos (Franz Ferdinand) assure la production et Lee Ranaldo (Sonic Youth) accompagne "Be Safe" d’un ‘spoken word’ proche du bruit de fond agaçant. Le groupe reste néanmoins fidèle à son approche bordélique et ses rythmes un peu crétins. Ryan n’hésite pas à balancer ses vérités longuement réfléchies tel le ‘A girl’s need/just don’t agree/with men’s needs’ de "Men’s needs". Ce qui fait sourire et renvoie à des souvenirs de soirées philosophico-alcoolisées (surtout alcoolisées d’ailleurs). Mais le pire c’est que ces ‘idiots’ parviennent à transformer ces élucubrations en tube potentiel. La profondeur des textes du trio n’a d’égal que leur respect de l’autre sexe. Mais la réflexion sur notre place dans l’univers est réduite à passer au bar offrir une bière au féminisme névrosé, le temps que ces trois-là nous sortent des oreilles. Nous, pour l’instant, on gigote, on trouve leurs morceaux naïfs, crasseux et parfois navrants mais on se fait avoir par leur énergie et on gigote.

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