Fondé en 1979, Modern English a publié, début des eighties, trois albums incontournables : « Mesh & Lace » en 1981, « After the Snow » en 1982 et « Ricochet Days » en 1984. Le groupe s’est séparé et s’est reformé à deux reprises, la dernière fois, en 2010. Faut dire qu’à l’issue de ces trois opus, il a voulu séduire le grand public, un peu comme Duran Duran ; mais malgré le succès récolté par son single « I’ve melt with you », paru en 1982, sa tentative sera vouée à l’échec. C’est d’ailleurs à cette époque que votre serviteur avait eu l’opportunité d’assister à un de ses concerts –exceptionnel, par ailleurs– dans une salle de gymnastique, à Zedelgem.
Bref, le band est de retour, et du line up initial, il ne manque plus que le drummer. Les 4/5 du band est donc réuni ! Et il vient de graver un nouvel LP, « Take me to the trees ». Un disque qui tient parfaitement la route, même si la voix de Robbie Grey semble avoir perdu de sa superbe. Plus déclamatoire que dans le passé, elle est même très souvent overdubbée. Quant à la musique, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Wire, circa « A bell is a cup ». Plusieurs compos véhiculent des messages politiquement engagés, à l’instar du morceau qui ouvre la plaque, « You’re corrupt », qui s’attaque aux multinationales et au néo-libéralisme. Un peu dans l’esprit de « Dance of Devotion », paru 35 ans plus tôt. Ou encore sur « Dark cloud », une piste qui évoque le temps qui passe et les valeurs qui s’effilochent. Des textes qui sont truffés de métaphores. Mais paradoxalement, seul « Flood of light » opère un retour aux sources. Caractérisée par des sonorités de gratte cristallines, cette plage ténébreuse monte progressivement en crescendo. Si « Sweet revenge » agrège krautrock et psychédélisme, la plupart des autres morceaux émargent le plus souvent au post punk. Même l’accrocheur « Trees », dont l’intro emprunte la rythmique du « Heroes » de Bowie. Caractérisé par ses arabesques guitaristiques et son synthé vintage, « Moonbeam » est imprimé sur un tempo new wave. Et dépouillé, « Come out of your hole » baigne au sein d’un climat semi-ambient, semi-sauvage. Un retour plus ou moins réussi, mais qui demande confirmation… car il nécessite chez la formation, une profonde remise en question, si elle ne veut pas être rapidement taxée de ‘has been’…

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