Alexandre Desplat est connu et reconnu au travers d’une centaine de compositions pour des longs métrages de Jacques Audiard à Peter Webber, du cinéma français au cinéma hollywoodien. Il a été une dizaine de fois nominé et reçu quelques récompenses (pour « The Queen », « De battre mon cœur s’est arrêté »…) Flanqué de Traffic Quintet, groupe partagé entre deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse, Alexandre Desplat prend le pari de retranscrire 14 musiques de film datant de 1961 à 2001, thèmes qui, à l’origine, étaient écrits pour des orchestres de plus grande envergure. Et cet album, à mi-chemin entre musique classique et musique de films nous donne à écouter une interprétation juste des mélodies. Mais là où il y a un respect des compositeurs, on pourrait reprocher trop de rigueur au directeur musical, pas assez d’impertinence dans son parti pris. Un consensus qui efface la personnalité de ce Quintet virtuose, trop sage pour désarticuler les thèmes et dialoguer entre eux. Les mélodies peuvent alors à longueur d’écoute paraître linéaires et répétitives.
Il faut dire également que l’insolent Alexandre Desplat à travers son hommage à la nouvelle vague, et le présentant comme tel, fait la part belle à ses propres compositions bien plus récentes. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier les superbes mélodies du grand Georges Delrue (« Le mépris », « Jules et Jim », « Garde à vue », « La peau douce »…), A. Duhamel (« Pierrot le fou »), G. Barbieri (« Dernier tango à Paris »), M. Jarre (« Passage to India ») et E. Morricone (« Peur sur la ville ») et d’estimer le travail bien fait, un choix absolu d’Alexandre Desplat de respecter les compositeurs et une excellente interprétation par les musiciens de Traffic Quintet.

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