En un an, Dylan Mills alias Dizzee Rascal, 20 ans au compteur, est devenu une star du " grime " (ou " eskibeat "), ce mélange épileptique de jungle, de hip hop et d’électro dont il est le plus fier ambassadeur. " Boy In Da Corner ", son premier album, a été couronné du Mercury Prize, et s’est vendu à 250.000 exemplaires dans le monde : normal, c’est une tuerie. Avec " Showtime ", Dizzee Rascal persiste dans le beat qui arrache et le flow mitraillette, et signe à nouveau un putain de grand disque. Certes, la surprise n’est plus au rendez-vous. Mais Rascal, au lieu de creuser le même sillon inauguré avec " Boy In Da Corner ", élargit sa palette de sons et son champ d’action, en osant par exemple l’exercice r’n’b (" Get By ", featuring Vanya) et la complainte introspective (" Imagine " et son verbe affûté, qui s’adresse à ceux qui le traitent de vendu). On n’en dira jamais assez sur l’onde de choc que provoque la musique de Dizzee Rascal dans le monde étriqué du hip hop. " Showtime " ? Désormais c’est entre ses mains que se joue le futur d’un genre en pilotage automatique, bien plus conservateur qu’on ne le croit. Stand up : voilà Dizzee Rascal. Sa musique est fantastique, et son succès bien mérité. Parce que c’est clair et net : ce n’est pas tous les jours qu’on croise chez nos disquaires des révolutionnaires. Tayaut !