Venus à été assassinée ? En voilà une surprise. La deuxième surprise, c’est que l’équipe de détectives en charge du dossier, n’est composée que d’ados post-boutonneux, répondant au nom de Les Shades. Leur disque a été enregistré sous la houlette de Betrand Burgalat qui les a accueillis dans son lupanar personnel de Montreuil. Les cinq membres du groupe dépassent donc à peine la majorité sexuelle. Pourtant, ils tentent déjà de nous parler des désillusions de l’amour. Je pouffe ! Et je me le permets sans scrupules. J’entends d’ici les critiques, me taxant de vieux con, de réac qui n’accepte pas ‘la-vague-déferlante-d’une-jeunesse-rockeuse-sur-les-traces-de-leurs- aînés’. Que nenni ! J’applaudis en général l’audace et l’âge n’a pas d’influence dans cette démarche. Mais les 12 plages que recèle « Le Meurtre de Venus », présentés comme ‘Le nouveau rock garage’, me fait beaucoup trop penser aux BB Brunes sous lexotan. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs, que les combos sont potes. Des refrains un peu ‘bateau’, un univers aseptisé, et une armada de fans qui les adulent sont les éléments qui finissent par les rendre siamois. Tout ceci n’empêche pas le succès incroyable que leur témoigne le public. Derrière la volonté d’intellectualiser un rock teenager, « Le Meurtre de Venus » se veut sérieux et de qualité. On ne peut pas nier, en effet, certaines qualités sonores dans leur chef. On ne peut pas dire non plus, qu’ils ne maîtrisent pas, pour leur jeune âge, le médiator et les fûts de manière prometteuse. Mais de là à les porter au nues, et les afficher comme la solution, comme le lien qui réunit les générations antérieures du rock’n roll, on met clairement la charrue avant les bœufs. Espérons pour eux, qu’ils prendront de l’âge et de la maturité ; et surtout qu’on leur en laisse le temps. C’est signé chez Tricatel, voilà certainement le seul point qui me surprend vraiment dans cette histoire.

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