Joëlle Phuong Monh Lê, jeune vidéaste et productrice, se lance dans la création sonore. Son premier opus - fruit d’une ‘electronica’ très organique - est en tout cas révélateur d’une précision à couper le souffle. Cette Bruxelloise n’hésite pas à mettre des gants pour une expérimentation des plus troublantes, posant sa voix sur quelques titres, donnant un souffle de vie à une musique trop souvent qualifiée d’aseptisée. Les battements du cœur ou de fines pulsations comme beats, des sons synthétiques qui se matérialisent dans une contemplation séraphique, nappes aériennes et cristallines nous enveloppent dans une placidité tranquille. Le micro label berlinois d’electronica Iwari Records se distingue par cette nouvelle signature, un concentré de sérotonine dont le langage intemporel prend toute sa dimension dans des atmosphères éthérées. A travers 12 berceuses chargées d’émotions, « Lullabies For The Warriors » nous plonge dans une hypnose réparatrice. Loin de tout formalisme, modulant l’image et le son dans une délicatesse commune, Monh Lê s’associe pour l’occasion avec la photographe et vidéaste Ewo du collectif belge Plexiphonic, collaboratrice pour les labels Ninja Tunes, Shitkatapult, Rephlex ou encore Warp. Regard neuf sur une vision du monde belle et enfantine, aux couleurs des Boards of Canada, atmosphères évocatrices de Brian Eno et acuité affective à la Tujiko Noriko, Joëlle Phuong Monh Lê resplendit l’écoute, attendrit le regard et réalise une sublime rêverie sonore à déguster d’urgence.

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