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Stadium Arcadium

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Les temps changent. Forcément. Quand on abandonne ses shorts à fleurs, qu’on retire son pif de la farine, qu’on extirpe l’aiguille qui chatouille ses moindres vaisseaux sanguins, on finit par se retrouver à poil, la queue emballée dans une chaussette. Le punk et le funk sont ainsi restés au placard d’un siècle passé. En franchissant le cap du nouveau millénaire, les Red Hot ont délaissé leur côté suicidaires-rebondissants-sur-les-plages-de-coke-californiennes pour ne conserver que le côté californien de la chose. Depuis « Californication », Flea, Kiedis, Frusciante et Smith s’affairent à produire une pop West Coast branchée radio bobo. En 2002, « By The Way » confirmait la tendance.

Cette année, les Peppers s’assument sans poppers et travaillent leur sex-appeal dans une salle de muscu de Malibu. Résultat : « Stadium Arcadium », un double album moins pénible que prévu. Pour se chauffer les biscoteaux, nos quatre musiciens se sont, une fois encore, entourés de Rick Rubin, coach attitré de l’équipée. Une fois l’hideuse pochette surmontée (la compile de l’été du pauvre ?), on se retrouve dans l’univers des Red Hot. A la base, le quatuor était désireux de sortir trois disques sur l’année. Les ardeurs calmées, le projet tiendra finalement sur ce double album (Mars et Jupiter). Soit vingt-huit chansons pour fumer et discuter. Et, bonne nouvelle, il y aura également à boire et à manger ! En bout de course, exténué par un marathon de deux heures d’arrogance boursouflée, on s’accorde un constat : « Stadium Arcadium » devrait se réduire à Mars (ou Jupiter). Certes, les Californiens n’ont plus rien à prouver. Entrés au Panthéon du rock avant même de clamser d’une overdose de coco, les Red Hot peuvent aujourd’hui tout se permettre. Mais sous certaines conditions. En effet, comment peut-on sortir un tube aussi mièvre que « Dani California » quand on signe des hits de la trempe de « C’mon Girl », « Snow (Hey Oh) », « Charlie » ou « We Believe » ? Comment peut-on admettre les soli pompiers de Frusciante (« Wet Sand », « Turn It Again ») quand on connaît la valeur de ses travaux solo ? On cesse de s’interroger. Car quand on est supporter, on gueule ou on se tait. Et en pénétrant dans le « Stadium Arcadium » des Red Hot, faut rester calme, attendre les meilleures actions pour, enfin, vibrer et se remémorer les victoires passées.

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