Si le sixième recueil de Calexico arborait un sous-titre, ce dernier serait vraisemblablement ‘Back to Basics’. Alors que l’œuvre précédente publiée en 2006, « Garden Ruin », n’était rien d’autre qu’un exercice frustrant et fort décevant, « Carried To Dust » reprend le flambeau de « Feast Of Wire » (2003) et retrouve le son lo-fi et chaleureux propre aux travaux de Calexico. « Victor Jara’s Hands », la plage d’ouverture interprétée en anglais et en espagnol, nous jette instantanément sur ces routes désertiques des States qui entraînent les cœurs esseulés vers le Mexique et au-delà. A l’instar de l’illustration de la pochette, on s’imagine au volant d’un vieux van, traçant la route sans regarder en arrière. Les « Two Silver Trees », « House Of Valparaiso », « El Gatillo (Trigger Revisited) » ou « The News About William » s’échappant des baffles et rappelant à notre souvenir combien la vie peu être excitante.
Ce voyage initiatique, John Convertino et Joey Burns l’exécutent d’une main de maître, accompagnés de leurs quatre musicos mais également de quelques invités de prestige. Sam Beam (Iron & Wine), Amparo Sanchez (Amparanoia), Doug McCombs (Tortoise) font un bout de chemin sur « Carried To Dust » et donnent un relief inédit aux paysages esquissés par la troupe. Bien qu’il n’égale pas « The Black Light » (1998), ce nouvel essai éblouissant attribue une large place à l’introspection, allant parfois jusqu’à laisser sans voix (les magnifiques « Contention City », « House Of Valparaiso » ou l’interlude « Falling From Sleeves »). Une splendide réussite !

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